Depuis peu, notre vocabulaire s’est enrichi de mots dont nous avions oubliés la portée. Par défaut d’utilisation, il est vrai. Ainsi, les mots: virus, pandémie, masque, confinement, solitude, isolement. Qui nous rappellent, cruellement, notre fragilité et notre condition de mortel. Mais aussi ce qu’implique de vivre coupé des autres, reclus, isolé. Ces temps pourraient ne paraître qu’inquiétants et sombres. Telle une vallée de tristesse et de larmes, dont l’unique sentier la parcourant serait en son fond. Cependant, ces mots sont également des invitations à nous relier différemment. Imaginer d’autres formes de liens. Non qui rapprochent physiquement. Mais qui seraient comme des fenêtres, des lucarnes ouvertes. Ainsi, pourquoi réinventer le calendrier de l’Avent pendant le Carême. En envoyant une carte postale par jour, avec un timbre, à ceux qu’on aime. Et ce, jusqu’au jour où nous pourrons donner de main à main, la dernière carte. Temps difficiles, certes. Mais qui invitent à ouvrir nos fenêtres afin de ne pas perdre de vue notre prochain. P. Baud